mercredi 9 décembre 2009

Young Prisms: Prism Rainbows

young prisms

L'année la plus lo-fi de tous les temps craque encore. Crépite et bourdonne toujours. De quoi ravir les compulsifs de tous poils (roux) comme moi, prêts à se jeter sur n'importe quel bout de vinyle estampillé Woodsist, Captured Tracks, Weird Hug, ou Mexican Summer. La preuve avec le 12" de Young Prisms chez les derniers cités. Ce FANTASTIQUE groupe de San Francisco mâtiné de Detroit (et non Brooklyn) a vraiment un gros quelque chose en plus. Peut-être le recul. Sûrement leur penchant psychédélique. Leur capacité à créer un arc-en-ciel à partir de bruits blancs.

Young Prisms ont tout bon: de leur pochette à leur style en passant par leur blog. Et leur joli disque trouvera sans problème sa place sur l'étagère à la mode en 2009. Cette étagère un peu bancale, un peu mal montée, avec des craquelures et des écailles qui laissent voir le contreplaqué au dessous. L'étagère qui fait tiquer les décorateurs d'intérieur. En bien ou en mal, c'est ça qui est bien avec l'étagère lo-fi.




La très très grande majorité des gens se passent volontiers d'une telle étagère. Mais ce cadeau du ciel tout plat, enregistré dans un living-room, passe inaperçu dans n'importe quel intérieur (en plus vous avez les MP3s immédiatement après achat chez Insound, par exemple). Et il vous le faut. Car après tout l'important n'est pas d'être lo-fi psychédélique mais de sortir de l'ordinaire. Et les Young Prisms sont extraordinaires.






lundi 7 décembre 2009

Fungi Girls: Psycho Candeur

fungi girls

Dans la Famille Lo-Fi, je voudrais... ... les petits frères. Les grandes soeurs j'ai déjà (Vivian Girls) et les frères cadets aussi (Smith Westerns). Avec leurs têtes de morveux prépubères attendant leurs parents à l'accueil, les Fungi Girls c'est un petit peu le chanteur de Ash avec la dégaine de Black Francis et un T-shirt Nirvana débarquant dans un nouveau lycée où tout le monde écoute The Jesus and Mary Chain ou les groupes de Sarah Records.

Le cocktail sans alcool de ces Texans: power lo-fi, twee grunge ou teen shoegaze. Leur Seafaring Pyramids (en téléchargement ici) aurait pu s'appeler Psycho Candeur, du coup. Avec des titres qui auraient pu s'intituler Smells Like Pre-Teen Spirit. Mais leurs morceaux ont souvent la majorité et font plus que leur âge. Par exemple, le glam garage de Pacifica Nostalgia qui se distord gentiment de douleur et un Dream of Oz qui fait le lien entre Just Like Honey (intro oblige) et I Hate Rock'n'Roll. Sans compter qu'Into the Cosmos reprend sans coup férir les choses là où Incesticide les aurait laissées. Soit la grande face B de l'Amérique. Soit Kurt Cobain lorgnant de jalousie sur les Vaselines plutôt que sur le Billboard. Le tout à la sauce lo-fi actuelle, s'il vous plaît.




Jamais les Fungi Girls ne perdent le Sud et sur Kowloon Walled City ils n'ont presque plus aucuns boutons. De vrais caïds du lycée. Et il y a même pas mal de groupes qui peuvent voter ou acheter de l'alcool qui sont bien moins bons. Et ouais, dans ta gueule.


http://www.myspace.com/fungigirls

samedi 5 décembre 2009

Real Estate: What Would I Want? Beach

real estate

L'espace d'un instant, je me suis dit qu'après la sortie de leur LP fin novembre il n'y avait plus rien à dire sur Real Estate. Qu'on avait entendu ou connaissait par coeur presque tous les titres de cet album. Que pour être à la p(l)age il fallait trouver un autre groupe. Je me suis vite repris car ces neo-slackers les doigts de pied en éventail dans le sable sont définitivement au dessus de tout ça. Et surtout quelques morceaux du prochain 12" Reality venaient déjà de fleurir un peu partout. Sans surprise, la bande de Courtney et Mondanile continue son ascension.




A noter: une petite session extra des Real Estate sans Alex Bleecker sur WMUA en septembre dernier. Younger Than Yesterday était déjà au programme de ce live, aux côtés de versions surf-beach-pop de titres anciens et plus récents de Ducktails (qui étaient à la base surf-beach donc on dira que ces nouvelles versions sont pop). Délectable.




jeudi 3 décembre 2009

Toro Y Moi: Sooooo 2009

Toro Y Moi

A Paris j'ai surtout retrouvé avec plaisir ma Parisienne préférée. Pour elle, le terme "shoegazing" prend toute sa dimension pratique. Mise en application dès que nous croisons d'autres Parisiennes, plus fades mais bien chaussées. Elle m'aura surtout remis en mains propres le 7" Blessa/109 de Toro Y Moi, projet du producteur hipsta Chaz Bundick. Un disque sooooo 2009 bien planqué dans son sac transformé en EP bag pour l'occasion.

Sorte de private split-single, il y a sur ce 7" une face à priori plutôt pour elle (Blessa) et une face à priori plutôt pour moi (109). Une face qui ondule en douceur dans sa veste au col satiné (Blessa) et une face qui traîne son allure lo-fi espiègle en skinny jeans et chemise à carreaux (109). Deux faces réjouissantes.



L'histoire ne dit pas encore que cette grande petite Parisienne aura droit à son exemplaire de ce 7" symbolique. Et je suis sûr qu'il n'y a qu'elle pour remarquer un petit détail anodin sur la photo de Chaz Bundick ci-dessous.




mardi 1 décembre 2009

Atlas Sound: Charismatic For the People

atlas sound

Pendant ma période de défection j'ai eu la chance de trouver le temps d'assister au concert d'Atlas Sound dans une salle que j'ai vue naître: Le Point Ephémère à Paris. Une salle dont l'enfance et l'adolescence semblent bien se passer. C'était évidemment une autre histoire pour Bradford Cox. Alors que le commun des mortels (dont je fais partie) rechigne tristement sur tout, le chanteur charismatique cherche désespérément la normalité. Lui qui est à la fois largement en dessous et largement au dessus.

Sur scène (en scène?), Bradford prend son dernier album Logos sous le bras et à bras-le-corps. S'y frotte en écorché risque-tout. On voit clairement sur qui il louche par moment (Panda Bear), lui qui se trimballe des fantômes pas seulement musicaux depuis des plombes. Mais il ne recycle rien et réinvente le moindre bout de ses chansons qui se pointe. A l'image de Cold As Ice, improvisé de main de maître. Comme quelqu'un bourré de toc, le grand échalas ne jette rien et se voit construire une oeuvre monumentale.

Au milieu de tonnes de trouvailles amoncelées par Bradford, les titres de Logos trouvent leur place: déjà au fond (et de l'histoire ancienne) avec un Washington School très premier (et excellent) album d'Atlas Sound. Et sur des couches un peu supérieures avec An Orchid ou My Halo, parmi les morceaux qui font le plus la liaison. Entourée de débris acoustiques, Shelia rappelle pour longtemps qu'elle est l'une des pop-songs parfaites les plus déprimantes du monde alors que Logos, imparable et bordélique, joue le rôle de valse lo-fi à contre-temps percluse de spasmes. Finalement, Walkabout traîne oisivement au milieu de samples récupérés ici ou là tandis que bien au dessus, Kid Klimax trône fièrement comme la petite merveille qu'elle est.





Je me rends compte que Le Point Ephémère est un nom de salle parfait pour Bradford Cox. Et qu'il est fait pour flotter au dessus de ses morceaux, comme ce soir-là. Qu'il est fait pour laisser ses boucles jouer indéfiniment. Fait pour prendre son propre poux avec son jeu de batterie approximatif. A chaque fois très peu visible sur scène pour moi (en cause les configurations des salles de concert où je l'ai croisé), le géant arrive lui à voir ce que je ne vois pas. Ce que d'ailleurs personne ne pouvait voir ce soir-là. Le propre des génies.



dimanche 29 novembre 2009

Yo La Tengo: While Their Guitars Gently Weep

yo la tengo

Après une petite défection (désaffection?), je trouve enfin le temps de revenir par ici. A nouveau bien aidé par les indépassables Yo La Tengo. Qui à part eux arriverait à me traîner du côté de chez les rustres? Yo La Tengo, tout le monde connaît par coeur. Mais peu encore connaissent par coeur le dernier Popular Songs.

Précédés par une réputation de ronchons (lu dans une chronique de Libération), Georgia, Ira et James n'en restent pas moins sur scène d'une générosité à la limite de la philanthropie. Vendredi dernier à Fribourg, la version toute en douceur et puissance renfermée de Nowhere Near en fut l'une des preuves. Tout comme Autumn Sweater, subtilement transformée devant des corps ondulants médusés, ou un False Alarm toujours aussi épileptique malgré les traitements de l'âge.

Le groupe d'Hoboken peut se permettre de laisser la part belle aux dernières compositions en date. On attendait beaucoup de Here To Fall, déjà vu en vidéo ici ou là. On se doutait bien du déluge qui nous attendait sur And the Glitter is Gone. Et on attendait surtout au tournant le magnifique More Stars Than There Are In Heaven. Un titre plutôt étonnant qui étire My Bloody Valentine dans tous les sens (il faut absolument voir le bonhomme James McNew dans son rôle de Jack Black shoegaze) et donne enfin une signification au (gros) mot post-rock. Yo La Tengo est décidément un groupe sans faille. Résistant à tout. Un exemple.








samedi 17 octobre 2009

Pure Ecstasy: Fuzzy Logic

pure ecstasy

Le fuzz est en retour de buzz. Et peut-être que bientôt Lily Allen reviendra avec un titre appelé "Fuzz You". En attendant les Texans de Pure Ecstasy en font encore leurs choux gras. L'esthétique de ce groupe d'Austin me plaît bien et me rappelle un peu le bleu profond et le blanc aveuglant de Lisbonne. Et pour tout dire la musique de Pure Ecstasy est aussi le reflet parfait de la réverbération du soleil qui va avec tout ce bleu et ce blanc. Sauf que là ça réverbère et ça rebondit à tous les coins du New Jersey (depuis Ridgewood jusqu'au Hoboken de Yo La Tengo).